Ce qui s'applique partout en France
Avant de regarder les spécificités locales, quelques règles sont communes à toutes les communes depuis la loi Le Meur, promulguée en novembre 2024 et appliquée progressivement jusqu'en 2028 :
- Enregistrement obligatoire du logement auprès de la commune, avec un numéro à afficher sur chaque annonce, plateformes comprises.
- Plafond national de 120 nuits par an pour une résidence principale louée en meublé de tourisme, les communes pouvant l'abaisser jusqu'à 90 jours par délibération motivée.
- Fiscalité micro-BIC : abattement de 30 % pour un meublé non classé (plafond de recettes de 15 000 €), ou de 50 % pour un meublé classé (plafond relevé à 83 600 € pour les revenus 2026). Au-delà, le régime réel devient obligatoire.
- DPE de plus en plus exigeant : la location touristique d'un logement classé G est interdite depuis le 1er janvier 2025 (interdiction étendue à la classe F en 2028, puis E en 2034).
- Un règlement de copropriété peut désormais interdire les meublés de tourisme à la majorité des deux tiers des copropriétaires.
À Paris
Résidence principale : la Ville de Paris a abaissé le plafond à 90 nuits par an (contre 120 au niveau national), depuis le 1er janvier 2025. Chaque nuitée payante compte, et les plateformes (Airbnb, Booking…) bloquent automatiquement le calendrier une fois le seuil atteint.
Résidence secondaire ou bien dédié à la location : pas de plafond de nuitées, mais une autorisation de changement d'usage est obligatoire avant toute mise en location — généralement assortie d'une obligation de compensation (transformer une surface équivalente en logement, parfois doublée dans les arrondissements centraux).
C'est le manquement le plus lourdement sanctionné : jusqu'à 100 000 € d'amende par logement irrégulièrement transformé, assortie d'une astreinte journalière jusqu'à régularisation. Le défaut d'enregistrement expose, lui, à une amende pouvant aller jusqu'à 10 000 €.
À noter : la taxe de séjour parisienne est généralement collectée directement par les plateformes de réservation au moment du paiement.
À Lille et dans la métropole
Résidence principale : contrairement à Paris, Lille n'a pas abaissé le plafond — il reste fixé à 120 nuits par an.
Résidence secondaire ou investissement locatif : une autorisation de changement d'usage est exigée dans six communes de la métropole — Lille (y compris Hellemmes et Lomme), La Madeleine, Roubaix, Loos, Marcq-en-Barœul et Wasquehal.
Depuis le 1er avril 2024, toute nouvelle demande de changement d'usage pour créer un meublé de tourisme est soumise à compensation obligatoire, sans dérogation possible : il faut transformer un local commercial ou un bureau de surface équivalente, dans le même quartier. Certains secteurs — Centre, Vieux-Lille, Wazemmes, Fives notamment — sont identifiés comme zones à fort déficit de logements familiaux, avec des critères renforcés.
L'enregistrement se fait en ligne auprès de la mairie, avec un numéro à afficher sur chaque annonce. Le dépassement du plafond ou l'absence d'enregistrement exposent à une amende civile.
Cet article est fourni à titre informatif et synthétique : il ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles évoluent régulièrement (le portail national d'enregistrement, par exemple, est encore en déploiement). Vérifiez les dispositions en vigueur auprès de votre mairie, de l'ADIL ou d'un professionnel avant toute décision.
Dernière mise à jour : octobre 2026.